Ma contraception (la suite)

Voilà, j’ai pris ma décision, ce sera finalement le stérilet en cuivre. Je serai plus en accord avec moi-même en évitant la prise d’hormones supplémentaires. Il me reste à travailler sur l’acception de mes cycles, mais ça viendra.

La pose ne s’est pas faite sans mal. Mon col, pourtant si prompt à s’ouvrir pendant la grossesse, n’a encore une fois pas été très coopératif. Comme a dit Miss Energie Positive qui me l’a posé, « votre corps sent que vous n’êtes pas prête ». Pas faux, mais bon faut bien limiter les risques (j’hallucine d’écrire ça!). Les larmes ont coulé une fois de plus, de douleur mais pas seulement. C’était aussi pour tout ce que représente la contraception et pour la clôture de ce gros chapitre de ma vie qu’a été le désir d’enfant. J’ai même eu droit à un gros câlin de ma sage-femme préférée qui n’a pas trop aimé me faire mal et me voir dans cet état.

Je n’ai plus qu’à attendre le retour des cycles, en essayant de ne pas se dire « Et si? » chaque mois et à retrouver une sexualité uniquement pour le plaisir. Parce qu’on en parle peu, mais toutes ces années d’essais ont changé ma sexualité. Et la reprise des rapports (après une longue, très longue période d’abstinence liée aux risques de prématurité) n’est pas si simple. Ne plus penser procréation, retrouver la spontanéité des débuts, se laisser aller, simplement. Ca ne peut être que bénéfique au final, alors vivement que toutes ces réflexions me sortent définitivement de la tête!

 

 

 

 

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Quand reprendre une contraception pose question

Je préviens à l’avance, cet article risque d’en énerver certaines. A vrai dire, je m’énerve moi-même… Dans le genre éternelle insatisfaite, je me pose là. Mais bon, ça me travaille, alors j’écris…


Deux jours après l’accouchement, alors que le transfert de la Gaufrette en néonat précipitait ma sortie de la maternité, une sage-femme m’a demandé quelle contraception je voulais. Totalement prise de court, j’avais dit stérilet au cuivre, comme après Mini Mousse, pour éviter les hormones. Ca me semblait une évidence. Après m’être injecté tous ces traitements (en encore j’en ai pas eu tant que ça au final), je ne voulais plus en entendre parler. Et puis j’avais plutôt bien supporté le stérilet les quelques mois où j’avais dû le porter.

Seulement voilà, à l’approche du rdv post-partum avec ma gynéco où j’avais prévu de le faire poser, rien ne va plus. L’idée d’une contraception m’est très difficile et me fait me poser beaucoup de questions.

Une réflexion revient sans cesse : après toutes ces années à vouloir un bébé, à souhaiter de toutes mes forces qu’un embryon s’accroche et grandisse en moi, comment accepter d’empêcher volontairement une vie potentielle de se développer dans mon corps? Ca me semble tellement contradictoire, tellement à l’encontre de ce que j’ai si longtemps souhaité (9 ans que j’ai arrêté la pilule!). Pourtant, je ne crois pas vouloir de 3ème enfant. La question ne se pose pas dans ces termes de toute façon. La question à laquelle je dois répondre avant de penser 3ème enfant (et je pensais l’avoir fait), c’est : « suis-je capable de supporter à nouveau tout ce qu’on a enduré jusque là ? » L’attente, l’espoir, les déceptions, les fausses-couches, l’angoisse d’un éventuel début de grossesse, le stress d’une grossesse à risque, l’hospitalisation, la prématurité et tous les risques associés,… Ca fait quand même beaucoup! Sans parler de mon âge. Cette question, j’y ai déjà répondu il y a plusieurs mois et c’était très clair dans ma tête : la grossesse de la Gaufrette serait la dernière.

Alors pourquoi la reprise d’une contraception m’est si difficile?

Au fond de moi, j’espère secrètement une grossesse surprise. Avoir la chance de connaître à nouveau toutes les sensations de la grossesse, les 1ers instants avec son bébé, tout ce que je vis actuellement avec la Gaufrette. Ces moments sont si précieux que j’en voudrais encore et encore, que ça ne s’arrête jamais. Et je crois que voir la Gaufrette aujourd’hui me laisse penser que c’est possible, ça me donne l’espoir fou (et faux) que ça pourrait être facile. Ca n’a rien de rationnel, je le reconnais, mais l’envie est là, pas pour maintenant, mais j’aimerai pouvoir me dire qu’un jour peut-être ce sera à nouveau possible. Sauf que ce n’est pas le cas. Je n’ai pas le luxe de choisir, les circonstances et le temps décident pour moi. C’est peut-être ça finalement que j’ai du mal à accepter. Peut-être aussi que cette envie est un moyen d’essayer de faire les choses autrement, mener une grossesse à terme, réussir un allaitement, comme si j’avais encore des choses à prouver.

Je sais que je suis déjà extrêmement chanceuse de connaître tous ces instants, d’avoir eu 2 grossesses, 2 bébés, qu’ils soient en bonne santé, c’est déjà énorme et oui ça me comble de bonheur.

Je sais aussi que je reprendrai finalement une contraception, qu’il n’y aura pas d’autre grossesse, que c’est mieux comme ça (encore une fois je ne me vois pas avec 3 enfants), mais j’ai peur. Peur qu’après mon retour de couche les vieux démons réapparaissent, peur de guetter mes cycles par habitude, d’espérer (secrètement), d’être déçue comme je l’ai été bien trop souvent. A quel moment ces réflexes disparaissent? A quel moment, on arrive à vivre une vie normale, sans cette ombre au dessus de nos têtes?

Après toutes ces reflexions, j’ai pensé me tourner vers une contraception hormonale en espérant ne plus avoir de règles, donc plus de cycle, plus de calcul. Je n’ai pas encore décidé. Je crois que j’ai besoin d’un peu plus de temps pour déjà accepter l’idée de la contraception en général.

23 jours en néonatalogie – partie 3

J’ai pas mal parlé des aspects un peu technique de l’hospitalisation de la Gaufrette et des choses difficiles qui m’ont marquée, mais pas des belles choses, alors je me lance.

Parce que quand même pendant ces 23 jours, j’ai eu beaucoup de jolis moments. Même si le contexte est particulier et si tout n’est pas rose, je n’ai jamais oublié la chance que j’avais d’être avec mon bébé.

Les meilleurs moments sont les longs câlins en peau à peau. Il est tellement paisible et serein à mon contact. Ca m’apaise direct, je profite entre émotion et demi-sommeil. On peut rester plusieurs heures comme ça. Sentir sa chaleur, sa respiration, ça fait tellement de bien. En général pendant ces moments, je me rappelle de toutes les épreuves et il n’est pas rare que les larmes montent entre 2 bisous. Malheureusement, je n’en fais pas assez à mon goût , la faute aux tirages, il faut souvent choisir, tirer mon lait ou s’installer en peau à peau. Vu qu’on déshabille bébé, j’aime pas le faire pour peu de temps et si on le fait trop proche d’une alimentation à venir, souvent il s’agite car il sent le lait. Donc l’idéal est de le faire après une tétée, mais c’est aussi le moment idéal pour tirer (sinon plus de lait au moment de le mettre au sein). Bref, c’est un dilemme régulier, mais j’arrive à trouver des moments où c’est possible et je savoure, parfois je laisse juste tomber le tirage pour profiter.

Je ne peux pas m’empêcher de parler des bienfaits du peau à peau. C’est valable pour tous les bébés, mais encore plus vrai et fascinant chez les prémas. En peau à peau les bébés se retrouvent au plus près des sensations in-utéro : chaleur, odeur, bruits du cœur, position regroupée. Ca les rassure énormément mais pas seulement. Il a été montré que le peau à peau favorisait le développement, notamment cérébral, réduisait la durée d’hospitalisation et limitait le risque de séquelles. C’est juste magique de se rendre compte qu’on a ce pouvoir.

Autres moments forts en émotion, ce sont les visites de Mini Mousse. J’ai déjà raconté la frustration de la 1ère « rencontre » qui a dû se faire en quelques minutes derrière une vitre. Alors, voir mes 2 enfants enfin réunis, c’est impossible de décrire tout ce que ça représente pour moi. Voir ma grande impressionnée, attentionnée, à l’écoute de son petit frère, me souvenir qu’il n’y a pas si longtemps c’était elle à sa place, réaliser tout le chemin parcouru…

Il faut préciser qu’après cette 1ère visite éclaire, elle est partie 2 semaines chez ses grands-parents (les vacances tombaient plutôt bien). Ca nous a permis de nous concentrer sur la Gaufrette. Là-bas, elle a été super, on avait peur qu’elle réclame à voir son petit frère et on ne voulait surtout pas la priver de ces moments ou qu’elle ait l’impression qu’on l’éloigne parce qu’on ne pouvait/voulait plus s’occuper d’elle, Mais elle était bien là-bas, comprenant qu’elle ne pouvait pas le voir et rien faire avec pour le moment, donc elle a bien vécu la chose et nous aussi en fait, d’autant qu’elle a bien profité de ses grands-parents et de ses cousines.

Une fois de retour, on avait qu’une hâte, c’est qu’elle passe un moment avec nous en néonat. Elle est donc arrivée directement là-bas avec ma belle-mère sans passer par la maison. C’était super de la voir découvrir la Gaufrette. Elle a tout de suite voulu s’en occuper, lui faire des câlins. C’était magique. Elle a même pu le prendre en peau en peau à sa seconde visite, faire la tulipe avec nous, m’aider à lui donner le bain. L’idée était qu’elle participe aussi pour l’inclure dans cette aventure un peu particulière.

Bien sûr, au fil des visites, elle a fini par trouver le temps long, car la Gaufrette dort beaucoup et les soins sont assez répétitifs. Et puis elle voulait aussi que je passe du temps avec elle, ce qui n’était pas toujours possible du moins pas assez à son goût.

J’ai profité de son retour pour rentrer dormir à la maison de temps en temps, notamment le 1er soir pour passer la soirée ensemble. Je dois avouer qu’après 2 semaines sans quitter l’hôpital, ça faisait du bien, malgré ce sentiment d’abandonner la Gaufrette. Autant quand Mini Mousse était en néonat, je rentrais tous les soirs et je trouvais ça normal, autant là c’est différent. J’aurai eu beaucoup de mal à le quitter tous les soirs. Le fait d’être déjà maman, je pense, change la donne par rapport à Mini Mousse où je découvrais mon rôle de maman dans ces conditions.

Dans les chouettes moments, il y a toutes ces visites, les petites attentions des amis, pas forcément les plus proches d’ailleurs, donc de belles surprises. Une mention spéciale à ma copine S. qui a eu la bonne idée de venir (2 fois) avec de super bons gâteaux rien que pour moi (bon en vrai j’ai partagé). Rien de mieux pour le réconfort, surtout après un diabète gestationnel et les repas de l’hôpital. Il y a donc les visites des amis, de la famille : mes beaux-parents, ma sœur et mes nièces qui auront fait le détour depuis la route des vacances pour passer quelques jours avec nous, et puis des soignants. Entre ceux qui nous connaissent depuis Mini Mousse et ceux qui sont devenus proches de Mr Mousse, ça fait pas mal de monde qui veut rencontrer la Gaufrette (et moi aussi par la même occasion). Parmi elles, j’ai eu la chance de voir des personnes au grand cœur, qui sans me connaître ont su trouver les mots que j’avais besoin d’entendre à un moment donné. J’ai aussi eu la surprise de voir une infirmière débarquer en pleine nuit alors que je tirais mon lait. Elle est venue me donner plein de conseils sur l’allaitement. Quand elle est repartie, je ne savais même pas qui c’était et pourquoi elle était venue spécialement. J’ai su après qu’elle connaissant Mr Mousse, qu’elle partait en vacances le lendemain et qu’elle tenait à m’aider. Et des comme ça, il y en a eu un certain nombre. J’ai même eu la visite de la femme de mon chef que je ne connaissais pas. C’est une ancienne pédiatre du service qui a aussi connu la néonat en tant que maman de préma 2 ans plus tôt.

Et enfin, j’ai fait de belles rencontres avec les autres parents. On se retrouvait souvent les mêmes le soir à manger dans le « salon des parents ». Ca permet d’échanger sur nos expériences et de se sentir moins seul. Je garderai notamment le souvenir de ce couple, parents d’une petite fille de 5 mois née à terme, 5 mois d’hospitalisation, 4 opérations, un transfert urgent en avion à Paris,… On relativise sa propre situation à côté. Et puis ce couple avec qui on a gardé contact et je pense pour longtemps, parents d’un petit gars né à 5 mois et demi en janvier, sur le point de sortir quand on arrivait mais qui, suite à une récidive, sont encore là-bas jusque mi-juillet (au mieux). Malgré la situation, ils gardent leur humour et leur bonne humeur!  Il ne faut pas comparer les situations, mais quand même, les épreuves que certains doivent traverser sont sacrément dures.

Finalement de ces 23 jours passés en néonat, je retiendrai ces beaux moments, ces belles rencontres, la force et le courage de tous les parents de bébés hospitalisés, la bienveillance des soignants, ma propre force à accepter et surmonter les épreuves, même si ça s’est souvent fait dans les larmes, la fatigue aussi, mais surtout, le bonheur d’être auprès de mon bébé.

 

 

 

40 ans

Voilà, aujoud’hui, j’ai 40 ans. Je devrais être une femme épanouie, j’ai un chéri, un travail, une maison, des amis et surtout j’ai mes 2 enfants auprès auprès de moi. Seulement, ce n’est pas ce que je ressens.

Déjà je ne me sens pas femme, je ne me suis jamais sentie vraiment femme, je ne réalise pas du tout que j’ai l’âge que j’ai. Pourtant je me rends bien compte du décalage avec les plus jeunes. Il y a 10 ans, je pensais que la maternité m’aiderait à changer ça, mais en fait non. Est-ce simplement que je refuse de vieillir ou est-ce que je ne me vois pas vieillir?

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23 jours en néonatologie – partie 2

Nous sommes 2 semaines après l’accouchement. L’allaitement ne se mettant pas en place, nous décidons d’introduire les biberons afin que la Gaufrette devienne autonome et se passe de sonde, condition sinequanone pour la sortie de l’hôpital.

Sauf que le 1er jour d’introduction des biberons, ne se passe pas comme prévu… En effet, la Gaufrette se montre peu enclin à manger, il se réveille à peine et n’a pas le comportement habituel. Tout s’éclaire à la prise de température (nous prenons sa température plusieurs fois par jour pour nous assurer qu’il régule bien, ce qui n’est pas toujours le cas chez les prémas, même en lit chauffant). Il a 38°C de fièvre. Nous passerons sur l’interne qui nous soutient que ce n’est pas de la fièvre, juste un coup de chaud. Heureusement l’infirmière et la pédiatre ne sont pas de cet avis et font quelques examens : prélèvement nasal pour vérifier s’il s’agit d’une infection virale et prise de sang pour la CRP qui nous renseignera sur une éventuelle infection bactérienne.

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23 jours en néonatologie – partie 1

Une fois le transfert de la Gaufrette effectué, les choses sont radicalement différentes. En effet, en néonatologie (néonat pour les intimes), les bébés nés à 35 SA sont considérés comme prématurés. Ils ont donc des soins et des examens spécifiques, ce qui nous rassure beaucoup et nous conforte dans l’idée que l’Unité Kangourou n’est pas du tout adaptée.

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Le transfert

J’aurai aimé écrire en temps réel, mais je n’ai pas réussi à trouver le temps lorsque qu’on était à l’hôpital. En plus, je n’avais que mon téléphone et c’est quand même bien galère d’écrire dessus. Je vous livre donc la suite de l’histoire en décalé. Je me rends compte que la majorité de mon blog aura été écrit à posteriori, tant pis, l’essentiel est que ça me fasse du bien!

Le séjour dans l’Unité Kangourou se poursuit comme raconté précédemment. J’apprécie particulièrement la 1ère nuit, le réveil qui sonne quand la Gaufrette est sensée manger (puisque c’est à heure fixe) et les allers-retour dans le couloir pour rejoindre la salle où il dort. Oui parce qu’après un accouchement, on en rêve de ces petites marches régulières qui vous font bien sentir que vous avez morflé quelques heures plus tôt…

La chance que nous avons, c’est de connaître pas mal de soignants du service de néonat, d’abord parce qu’on a gardé quelques contacts depuis l’hospitalisation de Mini Mousse 4 ans plus tôt, notamment une pédiatre qui la suit encore 1 fois pas an, et ensuite, de part les interventions de Mr Mousse pour SOS Préma (vous allez finir par le savoir qu’il y est bénévole!). Et comme nous sommes particulièrement chanceux (tiens, ça nous change), la pédiatre de garde ce we là (garde commune réanéonat et maternité-UK) est justement la pédiatre de Mini Mousse avec qui Mr Mousse a bien sympathisé. Elle vient donc nous voir le 1er jour et joue les médiateurs entre nous et l’UK. Mais lorsqu’elle revient le lendemain, on sent bien qu’elle hallucine de voir le fonctionnement du service.

Si bien qu’après discussion avec Mr Mousse et une autre soignante de néonat qui connait mieux l’UK et qui était présente lorsque la puéricultrice a ouvert la fenêtre au dessus du berceau de la Gaufrette, cette pédiatre nous propose de transférer La Gaufrette en néonat où une chambre mère-enfant vient de se libérer.

[Petit aparté, la soignante en question, s’est fait refoulée à l’entrée du service quand elle a dit qu’elle venait nous voir, parce que ce n’était pas l’heure des visites. Elle a dû repasser 2h plus tard, vous y croyez?]

J’avoue que sur le coup j’hésite. Je sais que c’est ce qu’il y a de mieux pour la Gaufrette, mais ça implique plein de choses. Déjà, je ne veux pas mettre la pédiatre dans une posture délicate vis à vis de l’UK mais là-dessus elle nous rassure assez vite. Ensuite, j’ai peur de prendre la place d’une autre maman dans cette chambre, car il n’y a que 3 chambres aménagées pour qu’1 parent reste dormir avec son bébé. Mais là encore, elle nous précise bien que si elle le propose c’est qu’il y a de la place dans le service. Et puis si la Gaufrette était né 9h15 plus tôt, il aurait été directement en néonat (la limite entre les 2 services étant 35 SA, pile le terme de naissance de la Gaufrette), ce qui nous rend légitime pour un transfert. De manière très égoïste, je sais que le confort en néonat est moindre pour les parents (salle de bain et toilettes communs, non attenants à la chambre, scope et alarmes dans la chambre + toutes les alarmes du services qu’on entend la nuit, pas de plateau repas dans la chambre, pas de télé,…). Enfin, ça ne fait aucun doute que le séjour sera plus long. En UK, on nous parlait d’une sortie 1 semaine à 10 jours après la naissance. Même si ça nous paraissait trop peu compte tenu du terme de la Gaufrette, ça faisait quand même envie. Et comme il ne reste qu’1 journée avant que la Gaufrette ne me rejoigne dans ma chambre à l’UK (la séparation ne dure « que » 3 jours), je me dis que ce sera plus facile quand je l’aurai près de moi.

Finalement après une courte réflexion, je réalise que ce qui compte c’est que la Gaufrette soit bien pris en charge. Peu importe mon confort, peu importe la durée de l’hospitalisation, l’essentiel c’est d’aller à son rythme. En plus, Mr Mousse risque de faire un malheur si on reste en UK.

La pédiatre présente les choses à l’équipe de l’UK de manière à arrondir les angles : elle met en avant la volonté de mettre en place un allaitement exclusif, ce qui est incompatible avec le fonctionnement de l’UK dans le cas d’un bébé qui n’a pas encore assez de force pour se nourrir qu’au sein (encore une belle aberration). Les équipes en place semblent comprendre et bien prendre la chose, mais on apprendra plus tard que le chef de service l’avait un peu mauvaise. Faut dire qu’un tel transfert est une 1ère (hors raison purement médicale bien sûr).

C’est donc le lendemain soir de l’accouchement qu’une gentille infirmière de néonat vient chercher la Gaufrette pour l’emmener 4 étages plus bas. Bien sûr je l’accompagne mais je ne pourrai pas rester dormir car je suis toujours hospitalisée en UK, la pédiatre n’ayant pas la possibilité de me faire transférer également. Il faudra attendre le lendemain pour valider ma sortie de maternité. Cette 2ème nuit est encore plus étrange que la précédente puisque cette fois ce n’est pas 1 couloir que je dois traverser mais 4 étages que je dois descendre (merci les ascenseurs).  Je me retrouve donc à errer seule en pyjama dans les couloirs déserts de l’hôpital avec une démarche des plus élégantes due notamment à mes douleurs ligamentaires encore plus violentes qu’avant l’accouchement. La Gaufrette devant manger plus ou moins toutes les 3 heures, je mets mon réveil et l’infirmière qui s’occupe de lui m’appelle s’il se réveille plus tôt. Vous n’imaginez pas comme j’envie celles qui ont leur bébé dans leur chambre, qui ont juste à tendre les bras quand il pleure pour l’attraper et le nourrir…

Heureusement, le lendemain, la sage-femme m’autorise à sortir et je vais pouvoir passer les semaines suivantes au plus près de mon bébé.

 

 

 

 

 

Bientôt à la maison

Le grand jour est arrivé!

25 jours après avoir donné naissance à la Gaufrette, nous rentrons enfin chez nous.
Dans quelques heures, il va pouvoir découvrir son nouveau chez lui et nous allons nous retrouver réunis, à 4, la famille au complet, enfin.
Je n’ai pas encore eu le temps de raconter la suite de nos « aventures », j’espère pouvoir le faire bientôt. Sachez  juste que la Gaufrette va bien et qu’il a finalement été pris en charge comme il faut.

Mais pourquoi faut-il adhérer à l’association Collectif BAMP ?

Association de patients de l'AMP et de personnes infertiles.

Régulièrement nous recevons des messages nous demandant : « mais pourquoi faut-il adhérer à l’association et comment faire ? »

POURQUOI adhérer à l’association ?

  • Parce que vivre d’amour et d’eau fraiche, cela ne suffit pas, même pour des bénévoles qui vivent d’engagement et de temps bénévolement dédiés à la cause collective.
  • Car justement nous sommes une association, ce qui implique un minimum de budget pour fonctionner. Notre budget est constitué en majorité par les dons et les adhésions. Nous ne percevons aucun financements privés, ce qui nous permet d’être indépendant. Et nous ne percevons pas non plus de financements publics, ce qui fait que notre budget est tout petit.
  • Parce que BAMP est une association impliquée sur différents sujets en liens avec l’assistance médicale à la procréation, l’infertilité, la préservation de la fertilité, le don de gamètes, la santé reproductive, etc. et à différents niveaux :
    • Des bénévoles de…

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Unité Kangourou : du grand n’importe quoi!

Ayant eu un grand prématuré et Mr Mousse s’étant impliqué dans l’association SOS Préma (il a donc suivi des formations sur le sujet), on en connait pas mal sur la prématurité et les précautions à prendre pour limiter les risques de séquelles. Car même à 35 semaines, les risques existent. Ils sont faibles, mais plus on fait attention plus le risque diminue.

Lire la suite de « Unité Kangourou : du grand n’importe quoi! »

L’importance du lien

Avant de raconter les suites de la naissance de la Gaufrette, je voulais évoquer le projet de naissance. Vu les circonstances de l’accouchement, autant dire qu’il n’a pas servi. La SF l’a lu après coup.

Au début de la grossesse la seule chose qui importait, c’était d’avoir ce bébé et qu’il soit en bonne santé, peu importe le terme, peu importe les conditions de l’accouchement. Puis au fur et à mesure des mois, les chances que ça se produise augmentant au fil des semaines, j’ai réfléchi à ce qui comptait pour le jour J. Et j’ai rédigé un pseudo projet de naissance autour de la non séparation.

Concernant la technique, j’avais suffisamment confiance dans la maternité choisie pour ne pas rentrer dans ces détails. En revanche, ce que je voulais que l’équipe comprenne c’était l’importance de créer le lien entre la Gaufrette et nous. Ayant vécu une expérience difficile de ce point de vue avec Mini Mousse, c’était vraiment important que ce besoin d’être ensemble dans les 1ers instants soit reconnu et pris en compte.

Finalement, le terme de la Gaufrette a permis beaucoup de choses. Tout d’abord, j’ai pu l’avoir sur moi tout de suite en peau à peau et pendant les 2 heures d’observation, avec une 1ère mise au sein. Ensuite, Mr Mousse a pu couper le cordon et l’accompagner pour les 1er soins. Le transfert de la salle de naissance à la maternité a pu se faire avec bébé sur moi. On avait même négocié avec certains pédiatres le transfert en peau à peau sur le papa en cas de transfert en néonat (donc sans moi). Mais il n’y a pas eu besoin.

Tout s’est donc bien passé de ce point de vue, jusqu’à l’arrivée en « Unité Kangourou ».’

L’unité kangourou, ou UK, est un service rattaché à la maternité de l’hôpital où j’ai accouché pour les bébés nés entre 35 et 37 SA ou nés à terme mais avec un besoin de soins spécifiques. Quand on a franchi la barre des 35 SA, je me suis donc réjoui d’échapper à la néonat qui impliquait une séparation (bébé au -1, maman au 3ème étage) et de pouvoir aller directement en UK.

Puis on m’a expliqué le fonctionnement du service et j’ai déchanté ! Les 3 premiers jours, bébé n’est pas avec la maman dans sa chambre, mais dans une pièce à part avec d’autres bébés pour être mis sous surveillance (scope) et vérifier s’il est stable. Les soins, l’alimentation, les câlins se font donc dans cette pièce commune, sans aucune intimité, avec seulement 2 fauteuils pour parfois 5 bébés. La nuit quelqu’un vient nous chercher pour qu’on puisse s’occuper de notre bébé. On est loin de l’image que je me faisais d’une « Unité Kangourou ».

Même les visites des proches ne sont pas autorisées pendant ces 3 jours. Mini Mousse et mes parents ont pu voir la Gaufrette 2 minutes à travers une vitre, et encore, il a fallu insister et trouver l’appui de la pédiatre de garde qu’on avait la chance de connaître.

Autant dire qu’on était dégoûté. Dans le même hôpital, les prématurés en réa et en néonat , quelque soit leur terme, peuvent recevoir des visites de proches (parfois sous condition), mais les 35-37, non! Aberration totale.

Mini Mousse a été super, on lui a expliqué que comme petit frère était arrivé en avance, il était fragile et qu’il fallait attendre un peu pour le voir de plus près. Connaissant sa propre histoire, elle n’a pas râlé ou réclamé plus. Elle était déjà impressionnée et heureuse de le voir, même de loin. Mais pour nous et mes parents qui étaient sur place alors qu’ils habitent à 400 km, c’était un peu rude!

Mais ça ce n’est que la partie visible…

Un accouchement express

Tout a commencé dimanche 8 avril vers 6h, 6h30 : mal de ventre, intestins qui travaillent, toilettes. Je ne les identifie pas comme des contractions car d’habitude elles me prennent tout le ventre, là seul le bas travaille et l’effet sur les intestins est manifeste. Je crois donc à des spasmes intestinaux comme ça m’arrive souvent. D’ailleurs ça passe au bout d’1/2h.

7h30 : je vais m’occuper de Mini Mousse pour qu’elle ne réveille pas ses grands-parents, à la maison depuis 3 semaines pour nous aider pendant mon repos forcé. Ils doivent prendre la route avec elle le matin même pour les vacances.

8h : tout le monde se lève, les douleurs reprennent, je commence à avoir quelques doutes. Je me pose dans le canapé pour voir comment ça évolue.

Peu après (à partir de là, la notion du temps devient plus floue), nouveau passage aux toilettes et je me rends compte que je perds du liquide. J’appelle la maternité pour voir ce qu’ils en pensent, n’ayant pas de contractions franches. La SF me conseille de marcher un peu pour voir si je reperds du liquide. Bizarre ce conseil, heureusement que je ne l’ai pas suivi…

De toute façon, le temps de l’appel, je réalise qu’il vaut mieux y aller. On attrape le sac pour la mat, j’ajoute ce qui manque, demande à ma mère d’aller chercher le carton de vêtements pour  bébé (pas le temps de prendre que quelques tenues). En quelques minutes, tout est prêt mais les contractions sont apparues sans doute possible et elles sont directe hyper douloureuses. A 8h30, on est en route pour l’hôpital.

J’ai déjà évoqué mon angoisse de ne pas arriver à temps à l’hôpital. Et bien c’est ce qui a failli arriver.

Le trajet me semble super long. Les contractions sont très rapprochées, je m’accroche à ce que je peux pour gérer la douleur, mais surtout je sens bien que ça va aller très vite.

A en croire ce qu’on m’a dit lors de la préparation à la naissance, bébé s’est engagé dès les 1ers km, il y en a 40 à parcourir… On a bien pensé s’arrêter à la caserne de pompiers située à mi-chemin mais la peur de perdre plus de temps à expliquer la situation nous arrête. C’est d’ailleurs à peu près à ce niveau que je perds ce qui reste des eaux.

Le reste du trajet passe très vite, je pense que Mr Mousse a battu tous les records  (pas bien mais nécessaire!). Entre 2 contractions, j’arrive je ne sais comment à appeler la maternité pour les prévenir de notre arrivée et leur dire de venir me chercher à l’accueil parce que j’ai vraiment du mal à me retenir de pousser. Les dernières contractions avant d’arriver m’arrachent des cris et je me répète en boucle « Ne pas pousser, ne pas pousser » alors que clairement c’est ce que réclame mon corps.

Lorsque nous arrivons enfin, une sage-femme m’attend avec un fauteuil et m’emmène au bout d’un couloir qui me semble hyper long. Je m’installe tant bien que mal sur la table. La SF regarde où j’en suis et m’enjoindt à pousser à la prochaine contraction. Sauf qu’à ce stade, je suis une contraction géante, j’ai tellement mal que je ne fais plus la différence entre les contractions et le reste.

Quelques minutes plus tard, j’attrape la Gaufrette et il se retrouve sur moi, comme j’en ai rêvé.

Sur le coup, j’ai eu du mal à réaliser tellement c’est allé vite. Je crois qu’il ne s’est pas écoulé 10 min entre notre arrivée et la naissance et tout juste 1 heure depuis le signal de départ.

 

 

 

Des larmes de bonheur

Aujourd’hui j’ai réalisé que la Gaufrette était né 1an et 1 jour après mon dernier curetage.

Il y a  un an donc, je me posais sérieusement la question de tout abandonner.

Tant de douleur, de souffrance et d’espoirs déçus… Mais tant de bonheur et d’émotion aujourd’hui.

Alors en regardant son visage d’ange posé sur mon sein après la tétée ce soir, les larmes ont coulé.

Elles coulent encore…

Et elles continueront de couler pour celles et ceux qui attendent leur miracle.

Bienvenue petite Gaufrette

Notre petit miracle est arrivé dimanche matin, à 35 SA tout rond. Moi qui craignait un accouchement rapide, je n’ai pas été déçue, mais je raconterai les détails plus tard, le temps me manque pour l’instant.

Il se porte bien mais a besoin de temps pour prendre des forces et pouvoir se nourrir tout seul avant de pouvoir nous rejoindre à la maison. Il est donc en néonatalogie, dans le même service que Mini Mousse il y a 4 ans. Même si la situation est très différente, ça me fait tout drôle de me retrouver à nouveau là-bas.

J’ai la chance d’avoir une chambre mère-enfant, donc je reste avec lui à l’hôpital le temps de son hospitalisation. Et ça, c’est un vrai soulagement.

Les soignants sont aux petits soins avec nous. Le fait d’en connaitre une bonne partie nous rend les choses plus faciles, tout comme le fait qu’on s’attendait à repasser par cette case.

Je pense à vous toutes qui attendez votre petit miracle, mes pensées ne vous quittent pas.

 

 

 

Retour au présent…

… et à la maison!

Après 12 jours d’hospitalisation, j’ai eu le feu vert pour rentrer à la maison. Les contractions se sont bien calmées et comme évoqué dans mon dernier article, passé 34 SA, l’hospitalisation ne se justifie plus vraiment, considérant que même à l’hôpital, on ferait pas grand chose de plus pour stopper le travail s’il commençait.

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1 semaine de plus!

J’ai hésité à publier cet article en l’état. En effet, je l’ai écrit il y a 1 semaine depuis ma chambre d’hôpital mais la connexion internet étant ce qu’elle était, je n’ai pas pu le publier. Alors forcément, il n’est plus tout à fait d’actualité, mais j’ai quand même envie d’avoir une trace et pas le courage de le réécrire. Je donnerai rapidement des news plus récentes mais tout continue de bien aller. 

33 SA, une étape de plus de franchie. Oui je sais, je dis ça à chaque fois, mais chaque semaine de passée est tellement importante !

On sort officiellement de la grande prématurité (même si certains mettent la barre à 32 SA et non 33). Prochaine étape : les 34 SA qui signent une autre étape, celle où la majorité des bébés respirent sans assistance et sont capable de téter. Ce qui veut dire moins risque de sonde gastrique (qui alimente bébé en amenant le lait directement dans son estomac), moins de risque de perfusion et de dispositif respiratoire. Encore une fois, chaque cas est différent, je ne parle là que de généralités. Mais l’idée que la Gaufrette n’ait pas à subir tous ces dispositifs à priori forts peu agréables fait du bien.

Je suis toujours hospitalisée du fait d’une petite infection, des contractions quotidiennes et des 40 km qui nous séparent de la maternité (ne rendant pas faciles, voire risqués, les déplacements pour simple contrôle en cas de doute). Si ça se passe bien (pas plus de contractions, infection enrayée, pas d’accouchement), je devrais sortir la semaine prochaine, une fois le cap des 34 SA passé justement. Je pense qu’ils estiment que même si je dois accoucher avant terme, 34 SA c’est pas la cata. Enfin, on verra le moment venu.

Sinon on prend bien soin de moi, le personnel soignant est plutôt agréable, la nourriture correcte, la chambre individuelle, propre et récente. Et pour couronner le tout, un pédiatre est venu nous expliquer comment les choses se passaient en cas d’accouchement à 32 SA (c’était en début de semaine), ça me change de mon expérience pour Mini Mousse où personne ne voulait répondre à nos questions ! Le point super positif, c’est qu’en général, le bébé est suffisamment stable pour pouvoir faire un peau à peau avec la maman (et/ou le papa) avant le transfert en néonat. Et ça, pour moi ça n’a pas de prix. C’est tellement important de ne pas revivre la séparation à la naissance, que d’avoir cette perspective m’aide vraiment à relativiser la situation.

En plus de ce pédiatre, la pédiatre qui a suivi Mini Mousse tout au long de son hospitalisation ici et qui la suit encore en rdv annuel « naître et grandir », le suivi spécifique pour les grands prémas, est venue me voir plusieurs fois pour voir comme ça allait et nous rassurer encore une fois sur la suite. Mr Mousse connaissant pas mal de soignants en néonat du fait de son activité pour l’assoc SOS Préma, la situation est assez marrante. Tout le monde demande des nouvelles et ils sont prêts à accueillir la Gaufrette comme il se doit. Ca facilite aussi les choses pour nous, on sait qu’on sera bien pris en charge.

Je dois aussi avoir la visite de notre super conseillère en allaitement qui m’avait sauvé la mise pour Mini Mousse. Je veux lui demander tous les bons conseils pour réussir à mettre en place l’allaitement quelle que soit la situation et éviter de revivre une mauvaise expérience en la matière.  Je vous renvoie à mes articles &L’allaitement ou presque&. Même si je ne me mets pas trop de pression sachant que les choses peuvent être compliquées, ça reste quelque chose qui me tient à cœur. Je devrais avoir l’occasion d’en reparler dans les semaines qui viennent.

Malgré la situation, je me sens sereine et relativement épanouie dans ma grossesse, je profite enfin de mon gros ventre, effaçant petit à petit la frustration de l’arrêt brutal de la grossesse de Mini Mousse, ce sentiment de ne pas être allée au bout de la grossesse, de ne pas avoir connu ce ventre proéminent de femme enceinte. Dès que j’en ai l’occasion, je le regarde dans le miroir et j’adore. Même si j’aimerai le voir grossir encore un peu, je sais que j’aurai eu la chance de connaître ça et je l’apprécie à sa juste mesure.

 

 

Rebelote

Me voilà de retour à l’hôpital. Hier après-midi, après un nouvel épisode de contractions légères (j’en sentais que la moitié) mais régulières (toutes les 5 min) et une auscultation de Miss Energie Positive, il s’avère que le col s’est encore ouvert un peu plus (2 doigts). Donc direction la maternité.

Avec  le trajet en voiture et le monitoring, les contractions se sont intensifiées et j’ai bien cru accoucher dans la nuit, mais finalement les contractions se sont arrêtées. Cette fois, pas de traitement de choc, juste du sérum phy en intraveineuse et du Spasfon. Ca me semble bien léger mais il parait qu’à ce stade les produits de choc n’ont pas prouvé leur efficacité. Soit.

Petit aparté sur la perfusion : j’ai bien pensé à Super Souris et à tous ceux qui ont du mal avec les piqures, ils ont dû s’y reprendre à 3 fois. D’abord l’étudiante SF, puis la SF de garde et enfin l’interne en anesthésie (qui est sensé être un pro de la perf mais qui n’a pas fait mieux que les précédentes). Ils arrivaient bien à mettre le cathéter mais pas à prélever le sang avec. Il a donc en plus fallu faire une prise de sang, 4 trous au total, merci l’équipe de choc !

Le principal c’est que bébé soit encore au chaud. Pour combien de temps, personne peut le dire, mais encore une fois, chaque jour compte ! J’en suis à 7 mois pile aujourd’hui (32 SA+2), demain, on sera à + 1 mois par rapport à la naissance de Mini Mousse et aussi le jour de sa DPA et de sa fête (oui sa DPA était le jour de sa fête).  Ce serait à la fois « drôle » et pas cool qu’il naisse le 21 mars. Drôle parce que la coïncidence serait troublante. Mais pas cool pour Mini Mousse qui n’a déjà pas une date sympa pour son anniversaire (24 décembre pour rappel) alors si en plus La Gaufrette lui pique la vedette pour sa fête, c’est quand même pas de bol ! C’est qu’on a fait de ce jour un jour important pour compenser l’anniv. Mais bon, on choisit pas, hein.

A ce stade on est presque sorti de la grande prématurité et les risques sont nettement plus faibles. Déjà je pense que le risque vital est quasi nul dans la mesure où La Gaufrette va bien (c’est moi qui déconne, pas lui) et a un bon poids : 1,8 kg (ou en tout cas pas beaucoup plus élevé que pour un bébé à terme).  Reste le risque de séquelles et à ma connaissance, on est plus sur du risque de retard que de séquelles lourdes et définitives. Bon ça reste à vérifier mais j’ai pas envie de le faire, ça me va bien d’en être convaincue, même si chaque cas est différent et que je connais des contre-exemples à cette théorie. Je dois être l’une des rares patientes du service à me dire que 32 SA c’est bien, mais bon on apprend à relativiser avec nos antécédents.

La suite du programme : au moins 1 semaine d’hospitalisation pour se laisser le temps de voir si la situation se stabilise, c’est-à-dire si les contractions s’arrêtent pour de bon. Pour l’instant c’est pas gagné, parce que des contractions, j’en ai eu quelques-unes aujourd’hui et ce soir elles sont plus fortes et plus rapprochées.

A SUIVRE…

 

 

 

 

 

 

Et moi dans tout ça?

Je me rends compte que j’ai raconté les faits de ces derniers jours, mais je n’ai pas parlé de mon état d’esprit…

Bizarrement je ne suis pas particulièrement stressée ou angoissée. Depuis le début de la grossesse, je sais que le risque de prématurité existe. Et comme je l’ai déjà dit, la prématurité m’angoisse beaucoup moins que le risque de fausse-couche les 1ers mois. On aurait pu penser qu’une fois directement confronté à la chose, l’angoisse reprendrait le dessus mais ce n’est pas le cas.

En vrai, je me trouve déjà hyper chanceuse d’être arrivée jusque là. Entre les FC à répétitions et la naissance de Mini Mousse à 6 mois, c’était franchement pas gagné. Nous sommes à 30 SA + 6 jours, soit un peu plus de 2 semaines du terme de naissance de Mini Mousse. C’est encore beaucoup trop tôt pour naître, les risques restent élevés, mais je me sens prête à vivre ce qui va arriver, quoi que ce soit.

En gros, je m’attends autant à accoucher dans les jours qui viennent que à terme.

Je pense que d’être préparée à cette éventualité depuis le début, d’avoir déjà vécu une naissance prématurée et que ça se soit finalement bien passé vu le contexte, de connaitre aussi le service et les soignants de réa néonat m’aident beaucoup à relativiser la situation.

Même si 6 mois et demi c’est très tôt, je me rends compte de la différence avec Mini Mousse. Bien sûr, chaque bébé et chaque situation est différente, mais j’ai vu mon bébé évoluer sous mes yeux il y a 4 ans et je sais qu’en 2 semaines, l’évolution est déjà énorme, et ça va encore plus vite in-utéro. Je sais aussi qu’on connait beaucoup mieux ce qui peut aider le bébé à bien se développer (indépendamment de l’aspect purement médical), grâce aux formations que Mr Mousse a fait pour devenir bénévole chez SOS Préma (c’était pas le but, mais si ça peut nous aider, on prend). Alors même s’il devait arriver demain, j’ai confiance en l’avenir.

 

 

 

 

 

 

MAP (Menace d’Accouchement Prématuré), nous y sommes

MAP, 3 lettres qui font disparaître la relative sérénité de ces dernières semaines…

Tout a commencé mardi après-midi lors du monitoring hebdomadaire avec Miss Energie Positive.  Après quelques minutes, elle me demande si j’en ai fait plus que d’habitude dans la matinée. Non pas particulièrement. C’est vrai que j’ai ma sœur et mes nièces à la maison, mais ils connaissent la situation et en font un maximum. Elle me montre alors que j’ai des contractions, 4 en 1/2h heure, c’est pas catastrophique, mais je sens que ça la préoccupe.  Moi j’en ai sentie qu’une et encore sans être vraiment sûre que c’était ça. Comme j’ai mon rdv de contrôle gynéco (7ème mois!) le lendemain, on en reste là, elle me recommande repos stricte pour la soirée et Spasfon. Sauf que moi, il faut que je récupère Mini Mousse au bus (à peine 100 m de la maison heureusement) parce qu’ils ne la laisseront pas à quelqu’un qu’ils ne connaissent pas sans qu’on les ait prévenu avant.

Ensuite, je me pose dans le canapé, et là je commence à bien les sentir les contractions. Ca a dû duré une petite heure je pense, juste de quoi me faire hésiter à appeler la maternité pour voir si je devais y aller mais finalement, elles disparaissent d’un coup et je me tranquillise. La nuit se passe bien et je stresse à peine à l’idée du contrôle.

Mercredi midi, on explique la chose à ma nouvelle gynéco (1ère fois qu’on se voit, Dr Douceur étant partie en congé mat), elle m’ausculte et là, douche froide : col ramolli, raccourci à 25 mm et ouvert à 1 doigt. Gloups! C’est pas bon.

Elle se veut rassurante, me disant qu’en temps normal ce n’est pas suffisant pour hospitaliser une patiente, mais au vu de mes antécédents, elle préfère me garder au moins 48h. Me voilà donc hospitalisées pour MAP (Menace d’Accouchement Prématuré). Je vous passe les détails logistiques, n’ayant aucune affaires sur moi, je dois faire la liste à Mr Mousse de mes besoins et c’est finalement ma sœur qui se dévouera pour venir m’apporter tout ça.

L’objectif de l’hospitalisation est de recevoir les 2 injections de corticoïdes qui permettront de « faire maturer » les poumons de bébé Gaufrette. Comme ça, en cas de naissance prématurée, les risques de complications respiratoires seront largement diminués. Les 2 injections doivent avoir lieu à 24h d’intervalle et pendant ce laps de temps, j’ai droit au produit de choc pour éviter les contractions (Tractocile), comme ça on est sûr que la Gaufrette reste bien au chaud le temps que la maturation se fasse.

On savait que ça pouvait arriver, j’avais même hésité à préparer quelques affaires au cas où, mais j’étais trop confiante pour le faire.

Jeudi après-midi, après avoir reçu la 2ème injection de corticoïdes, on m’a retiré le Tractocile. Je flippais pas mal à l’idée de voir les contractions revenir, mais finalement, mon utérus est resté tranquille. J’ai donc été autorisée à rentrer chez moi vendredi après-midi.

Les consignes sont simples : repos au maximum, allongée ou assise, mais je ne dois plus rien faire dans la maison et encore moins sortir. Mr Mousse va devoir tout gérer, certes j’en faisais pas beaucoup avant mais là ça va être pire. Le plus dur, ça va être pour Mini Mousse. A 4 ans, elle commence à comprendre, mais de là à rester tranquille et à me laisser au repos, c’est pas gagné. Va falloir faire preuve de pédagogie et d’astuce pour passer du temps avec elle sans bouger.

J’ai aussi droit à une surveillance rapprochée avec 2 monito par semaine histoire de vérifier que les contractions ne reviennent pas.

Maintenant reste à voir combien temps la Gaufrette va pouvoir rester au chaud.